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Les Amis de Talleyrand

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Vie Politique

'La barbarie est toujours à deux pas, rôdant autour de la civilisation; dès qu’on lâche pied, elle revient.'


De cette période trouble de gouvernances qui a ponctuée sa vie, on a voulu surtout retenir son rôle fondamental de diplomate, dont le point d'orgue a été le congrès de Vienne. Pourtant, Talleyrand s'est aussi mêlé de près aux questions économiques, institutionnelles et sociales. Héritier de la philosophie des Lumières, il a été constant sur au moins une chose, sa défense et mise en pratique de la doctrine libérale, dans le sens de liberté qu'elle avait à l'époque.

Monarchie (1775 - 1789) 

Les débuts dans l'Église.

Sorti des études et du séminaire avec un baccalauréat en théologie, acquis davantage par relation que par son travail, il est déjà à 21 ans, député de l'Assemblé du Clergé qui gère les questions d'argent entre la monarchie et l'église, alors exonérée d'impôt.
Vous trouverez plus de détails sur les aspects privés et familiaux à la rubrique Biographie.

Il doit sa faculté de monter très vite les échelons ecclésiastiques, contre sa réelle volonté, à son oncle l'évêque de Reims. De député du second ordre il passe ainsi dès 1780 à Agent Général du Clergé de France. Cette fonction l'amène à négocier les biens de l'Église pour faire front aux demandes d'argent de Louis XVI. Il évite ainsi une confiscation par l’octroi d'un don gratuit de 15 millions de livres, en 1782.

Initiation à l'économie et la diplomatie.

Sa gestion de la crise du bas clergé et de la Caisse d'Escompte (ancêtre de la Banque de France), le forme à la finance et à la diplomatie.

Dans le même temps, on le voit dans les salons libéraux. Il se lie avec le sulfureux Mirabeau, la maison d'Orléans et l'impopulaire contrôleur des finances Calonne. Il aiguise ainsi ses armes d'économiste, en participant au traité de commerce avec l'Angleterre.

Sur la volonté et grâce à la requête de son père, il atteint l'apogée de sa carrière ecclésiastique en étant sacré évêque d'Autun en janvier 1789 et député du clergé d'Autun en avril.

C'est à ce titre qu'il se rend aux États Généraux le 5 mai 1789, considérés comme le début de la Révolution.
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Mirabeau, voisin et ami dès 1785
Ouverture des États Généraux le 5 mai 1789
Vue de la ville d'Autun vers 1780


Révolution (1789 - 1799) 

Un député productif.

Talleyrand a alors 35 ans. Député du tiers d'état pendant les États Généraux, il est ainsi signataire de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, et auteur de l'article 6La loi est l'expression de la volonté générale …. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse.... '


Mais surtout, pour renflouer les caisses de l'État, il propose et fait adopter la nationalisation des biens de l'Église (octobre 1789). Cette prise de position marquera sa première accusation de traîtrise, envers sa famille et ses anciennes fonctions au sein du clergé.

Ces accusateurs, constitués d'une partie de l'Église, redoublent de véhémences quand il propose d'accorder aux juifs le statut de citoyen (1790).

En mars 1790, il propose un système d'unification des mesures.

Il est à l’initiative de la 'Fête de la Fédération ', organisée par la Roi sur le Champ de Mars, le 14 juillet 1790.

En février 1791, il se voit obligé de sacrer lui-même seize évêques, malgré sa démission en janvier de sa charge épiscopale. Cela provoque la colère du Pape Pie VI qui le menace d'excommunication.

Juste avant la dissolution de l'Assemblée Constituante en septembre 1791, il fourni un rapport sur l'instruction publique qui sera à l'origine de la création de l'Institut de France qui regroupe l'Académie Française, l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres, l'Académie des Sciences, l'Académie des Beaux-arts et l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

Ne pouvant pas être député dans la nouvelle Assemblée, à partir de janvier 1792, il est envoyé à Londres en mission diplomatique dont le sujet de fond est la neutralité de l'Angleterre. Il rentre à Paris en juillet avec la neutralité en poche.

La Terreur, en douceur mais en exil.

La journée du 10 août 1792 et la prise des Tuileries par le peuple, marque la fin de la monarchie constitutionnelle et le début proche de la Terreur (massacres de septembre). Talleyrand anticipe le danger et obtiens in-extremis un ordre de mission pour travailler à Londres sur le système de mesures. Il part le 10 septembre avec un mandat et non pas comme émigré.

Pour autant, la découverte de documents dans les appartements de Louis VI qui révèle ses relations avec la famille royale, le font porté sur la liste des émigrés en août 1793.

Il vit donc à Londres, profitant de la chose pour se faire des relations parmi des anglais influents et d'autres émigrés.

Mais le roi Georges III ordonne son expulsion. Il est donc forcé de partir en mars 1794 et se réfugie aux États-Unis, à Philadelphie, puis New-York et Boston. Il y fait des affaires immobilières et commerciales.

Il attend patiemment la fin de la Terreur pour œuvrer à son retour par l'intermédiaire de Madame de Staël. Il obtient gain de cause et revient en France en septembre 1796, sous le Directoire fraîchement constitué.

Ministre sous le Directoire.

Revenu en France, Talleyrand s'installe dans son fauteuil à l'Institut de France où il a été élu en son absence en septembre 1795.

Brigand le poste de Ministre des Relations Extérieures, il publie deux essais sur la situation internationale. Mais il a toujours de nombreux détracteurs qui, à cause de ses liens avec les Orléans, voient en lui un contre-révolutionnaire.

Il faut à nouveau l'intervention de Germaine de Staël auprès du Directeur Barras pour qu'il obtienne le poste en juillet 1797.

Prenant prétexte de cette nomination, il écrit à Napoléon Bonaparte alors en plaine campagne d'Italie, pour se faire connaître et se faire valoir. Bonaparte est séduit, et débute une forte relation épistolaire.

Il l'encourage à repartir pour la campagne d'Egypte, mais en prenant soin de ne pas y être impliqué.

Il a beaucoup d'ennemis au sein du Directoire, ce qui restreint sa marge de manœuvre pour son ministère. Il est souvent cantonné à un rôle d'exécutant, les Directeurs choisissant eux-mêmes les ambassadeurs. Il s'attache à rassurer les États européens et obtenir l'équilibre et la paix. Il manifeste son opposition à la 'politique de libération' du Directoire qu'il juge néfaste '… que le système qui tend à porter la liberté à force ouverte chez les nations voisines, est le plus propre à la faire haïr et à empêcher son triomphe.' Il réussit tout de même à placer des gens efficaces, discrets et fidèles dans l'administration du ministère.

Préparant le coup d'État du 18 Brumaire avec Bonaparte, rentré d'Egypte, et Seyès, il démissionne de son siège de ministre en juillet 1799.
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Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789
L'Institut de France vu du pont des Arts
Madame de Stael
Napoléon devant le Conseil des 500 le 19 brumaine
Paul Barras, le seul Directeur a être resté du début à la fin du Directoire
Fête de la Fédération le 14 juillet 1790, serment de La Fayette


Période napoléonienne (1799 - 1814 ) 

Ministre sous le Consulat.

Il retrouve son ministère des Affaires Étrangères après le coup d'État du 18 Brumaire (novembre 1799). A ceci près qu'il rapporte maintenant directement à Napoléon Bonaparte et à lui seul.

Talleyrand voudrait des réconciliations. Napoléon Bonaparte accède à sa demande et écrit en ce sens au Roi de Grande-Bretagne et à l'Empereur d'Autriche qui n'accusent même pas réception.

Le tsar de Russie Paul Ier est plus réceptif et signe un traité. Malheureusement il est assassiné en 1801, son fils Alexandre Ier lui succédant.

La pacification des relations avec les États-Unis se fait en septembre 1800 par le traité de Mortefontaine, avec l'Autriche (vaincue à Marengo) en février 1801 par le traité de Lunéville, avec la Grande-Bretagne et l'Espagne en mars 1802 par le traité d'Amiens. Mais ces accords sont négociés par les Bonapartes, Napoléon et Joseph. Talleyrand en désapprouve la brutalité de la méthode mais en reconnaît l'efficacité pour apporter la paix, ce qui favorise bien ses affaires. En effet, en perpétuel besoin d'argent, il n'hésite pas à soutirer des pots de vin à chaque dignitaire étranger qui passe.

C'est tout de même lui qui est à l'origine de la nomination de Napoléon Bonaparte comme Président de la République Italienne.

Cependant le calme napoléonien est de courte durée et Bonaparte reprend ses velléités guerrières en annexant le Piemont, l'ïle d'Elbe, la Suisse et chatouille les anglais à Malte. En 1803, la brouille avec les anglais est actée.

Bonaparte est la cible d'attentats de plus en plus nombreux de la part des royalistes. Talleyrand lui aurait alors conseillé de 'mettre entre les Bourbons et lui un fleuve de sang '. S'en suit l'épisode le l'exécution du Duc d'Enghien pour lequel on ne sait s'il a été simple inspirateur ou participant. Par la suite il fera disparaître tous les documents le compromettant dans cette affaire.

Et encore Ministre sous l'Empire.

Napoléon Bonaparte se fait sacré Napoléon Ier en décembre 1804, après avoir nommé Talleyrand Grand Chambellan en juillet. Titre plus qu'honorifique, il indiquait une place importante dans la proximité de l'empereur.

Talleyrand suit donc Napoléon dans son périple à travers l'Europe pour la campagne d'Allemagne, dès 1805. Il tente de tempérer Napoléon à l'égard de l'Autriche pour préserver l'équilibre européen France, Royaume-Uni, Autriche, Russie, Prusse. En vain. Suite à la victoire d'Austerlitz et la défaite de Trafalgar, il rédige contraint, sur ordre de l'Empereur, le traité de Presbourg créant la Confédération du Rhin. Il essaie d'adoucir les conditions de soumission de l'Autriche, ce qui déplaît fortement à Napoléon qui le soupçonne de corruption.

En 1806 Napoléon lui donne pourtant l'État de Bénévent confisqué au pape, avec le titre de Prince. Talleyrand n'ira jamais, dépêchant un gouverneur pour l'administrer.

Il est de plus en plus critique de la politique conquérante de Napoléon, qui n'écoute pas ses conseils de modération. En novembre 1806, il décrète le blocus continental qui empêche le Royaume-Unis d'écouler ses exportations.

Talleyrand commence alors à se rapprocher d'Alexandre Ier de Russie à qui il délivre des informations.

Napoléons continue d'accumuler des victoires et Talleyrand de manifester son désaccord sans être écouté. En 1807, il rédige, toujours contraint, le traité de Tilsit, tout en se déclarant indigné des conditions réservées aux vaincus.
Il démissionne alors de son poste aux Affaires Étrangères en août 1807 et prend le titre de vice-grand-électeur de l'Empire. Il reste conseiller de Napoléon.

La rupture avec l'Empereur.

Arrive la question espagnole. Talleyrand aurait suggéré à l'Empereur une intervention en Espagne. Cependant, il se rétracte rapidement au vu de la situation générale en Europe. Par la suite, il affirmera avoir toujours été contre, et, là encore, détruira tous les documents se rapportant à l'affaire.
Il se plaint de ce que Napoléon fasse l'inverse de ses recommandations. alors qu'il conseille un rapprochement avec Ferdinand, Napoléon capture les infants d'Espagne. Qui plus est, il en confie la séquestration à Talleyrand, en son château de Valençay (ils y resteront 7 ans !).

En septembre 2008, Talleyrand seconde l'Empereur à l'entrevue d'Erfut avec le tsar de Russie, bien qu'il soit hostile à l'alliance prévue. En marge des discussions officielle, Talleyrand réussi à retourner l'opinion du tsar Alexandre Ier et les négociations capotent. Napoléon ne sait rien alors des manœuvres de Talleyrand. Talleyrand lui, est convaincu d'avoir 'sauvé l'Europe d'un complet bouleversement '.

L'Empereur repart pour la campagne d'Espagne. Dans les derniers mois de 1808, sans nouvelle de lui, alors que la rumeur de sa mort se répand, Talleyrand s'allie à Fouché pour conserver le pouvoir en donnant la régence à l'impératrice Joséphine. Leur erreur a été d'intriguer au grand jour, sans dissimuler leurs intentions. Napoléon, bien vivant, apprend la conjuration et revient en France en 6 jours. Le 27 janvier 1809, il couvre d'injures Talleyrand et en profite pour lui reprocher aussi l'affaire du Duc d'Enghien. La scène est restée dans les annales, c'est à cette occasion qu'il aurait prononcé la fameuse phrase 'vous êtes de la merde dans un bas de soie' (fait controversé).
Bien évidement il lui retire son poste de Grand Chambellan.
Pourtant, à l'inverse de Fouché qui se fait petit, Talleyrand, bien que craignant la prison, prend le parti de rester tête haute et se représente même à la cours dès le lendemain, faisant fonctionner les langues de ses partisans dans les salons mondains.
Finalement, il n'est pas inquiété et conserve ses autres postes. Napoléon continu de le consulter pour ses affaires en cours de divorce et de remariage. Talleyrand suggère Marie-Louise d'Autriche en conseil extraordinaire de janvier 1810.

En 1812 c'est la campagne de Russie, et la retraite que l'on connaît à partir d'octobre, avec comme point d'orgue la bataille de la Bérézina en décembre. Talleyrand apprenant cela, comprend que 'c'est le commencement de la fin' et conseille à Napoléon, en vain, de négocier la paix.

Talleyrand commence alors à entretenir une correspondance avec Louis XVIII pendant l 'année 2013. Apprenant cela, Napoléon menace de l'exiler mais suit toujours ses conseils. Par exemple, il accepte de replacer les Bourbons sur le trône d'Espagne. Il lui propose à nouveau le ministère des Relations Extérieures, que Talleyrand refuse pour la deuxième fois.
En janvier 1814, nouvel épisode de douche écossaise : le 16 il est sur le point de le faire arrêter, le 23 il le nomme au Conseil de Régence.

Puis Napoléon part pour la campagne de France, qui tente d'arrêter l'invasion de la France par une coalition de 16 pays dont la Prusse, la Russie, l'Autriche, le Royaume-Uni, l'Espagne.
Le 28 mars 1814, les Alliés sont aux portes de Paris. Le Conseil de Régence évacue la cours, mais Talleyrand manœuvre pour rester. Cela lui permet de négocier la capitulation de Paris et le lendemain, à l'entrée des Alliés dans la ville, le Roi de Prusse et le tsar Alexandre logent chez lui. Il leur propose le retour des Bourbons sur le trône, balayant leurs doutes par une consultation du sénat.
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Le tsar Alexandre Ier
Entrevue d'Erfurt. Talleyrand est entre Napoléon et l'ambassadeur d'Autriche.
Exécution du Duc d'Enghien.
Le sacre de Napoléon par David.Talleurand est à droite de profil en manteau rouge.C'est ce détail qui est le plus souvent représenté.


Restauration (1814 - 1830 ) 

Le Président provisoire.

Avril 1814, le Sénat décrète un gouvernement provisoire, y place Talleyrand à sa tête et déchoit Napoléon Bonaparte de son trône d'Empereur.
Talleyrand s'empresse d'escamoter toute sa correspondance avec l'Empereur, et prend des dispositions immédiates pour sortir le pays de l'état de guerre : libération des conscrits et des prisonniers, liberté de circulation des lettres, retour du Pape à Rome et des Princes d'Espagne à Madrid, .maintien des fonctionnaires dans leurs postes, rattachement de la police de l'Empire aux préfets.

Sa tâche n'est pas simple; Paris est occupé par les Alliés, les royalistes et les bonapartistes ne reconnaissent pas ce gouvernement provisoire et pourtant il faut le financer.
Le Comte d'Artois, futur Charles X, s'installe aux Tuileries avec le gouvernement et en reçoit, pour son frère Louis XVIII, l'autorité, octroyée par le Sénat. Il en accepte la nouvelle constitution rédigée à la hâte.
Après l'abdication de Napoléon au traité de Fontainebleau qui lui impose l'exil sur l'île d'Elbe, Talleyrand signe l'armistice avec les Alliés, dont il trouve les conditions 'douloureuses et humiliantes'.

La Première Restauration.

Le 1er mai, Talleyrand rejoint Louis XVIII qui n'accepte pas la Constitution du Sénat. Il préfère appliquer la Charte Constitutionnelle qui reprend les idées libérales mais diffère sur la répartition des pouvoirs.
Talleyrand est de nouveau nommé Ministre des Affaires Étrangères.
Le 30 mai, il signe le traité de Paris, qu'il avait négocié, et qui acte, entre autres, la paix entre la France et les Alliés avec le retrait de ceux-ci, pas d'indemnité de guerre, et la préparation du congrès de Vienne.

Le Congrès de Vienne.

Lois XVIII qui approuve les recommandations faites par Talleyrand, le charge de représenter la France au Congrès de Vienne. Les éléments concernant la France ayant déjà été réglés par le traité de Paris, Talleyrand a pour mission de préserver la Sardaigne de l'Autriche, faire attribuer Naples à Ferdinand IV de Bourbon, défendre la Pologne face à la Russie et la Saxe-Rhénanie de la Prusse.

Le Congrès débute informellement le 16 septembre 1814 et officiellement le 1er octobre (il finira en juin 1815) . Au début écarté des discussions entre les quatre principales puissances que sont le Royaume-Uni, l'Autriche, la Prusse et la Russie, Talleyrand parvient à s'imposer dans les tractations en se posant défenseur des petites nations. Partant de là, il manœuvre habilement, avec son don naturel pour l'intrigue et les alliances d'intérêt, pour finir avec ses quatre objectifs presque atteints.

La France conserve ses conquêtes de 1792 et au passage, il a négocié pour lui-même une compensation financière pour la principauté de Bénévent (restituée au Pape après le traité de Paris), et le titre de duc de Dino (transmis à sa nièce Dorothée).

La Seconde Restauration.

Mais en février 1815, Napoléon revient de l'île d'Elbe, porté par le peuple.
En plein Congrès de Vienne, les Alliés, surtout les Britanniques, se défient de Talleyrand en qui ils n'ont aucune confiance.
Il est effectivement approché par Napoléon mais refuse. Il a pressenti que Napoléon serait bientôt défait.

En mauvais terme avec Louis XVIII alors en exil à Gand, il le rejoint tardivement à Mons, le 23 juin, après la défaite de Napoléon à Waterloo le 18 qui marque la fin des Cent Jours et sa seconde abdication. Les relations entre Louis XVIII et Talleyrand sont houleuses, le roi refusant d'accepter une constitution selon ses idées libérales. Au final, pressé par les Alliés, Louis XVIII nomme Talleyrand à la tête du conseil des Ministres. A l'issue de joutes verbales avec le Duc de Berry et le Compte d'Artois, Talleyrand fait adopter une proclamation libérale.

Mais c'est Fouché, alors président du gouvernement provisoire, qui tient Paris, le reste du pays étant toujours occupé par les Alliées. Il fait partie de ceux qui ont voté la mort de Louis XVI, frère de Louis XVIII. Talleyrand réussi à négocier une entrevue entre les deux hommes et la remise de Paris à Louis XVIII.

Le Roi arrive aux Tuileries le 9 juillet 1815 et nomme Talleyrand Président du Conseil des Ministres en sus de sa fonction de Ministre des Affaires Étrangères.
Il s'attache alors à constituer un gouvernement conforme à la politique libérale choisie. Outre le partage du pouvoir entre le Roi et les Chambres, il libéralise les élections et la presse.

Pendant ce temps les armées Alliées d'occupation créent des troubles. Le gouvernement essai de sortir ces armées du royaume par le second traité de Paris (novembre 1815). Il est plus défavorable à la France que le premier : perte des conquêtes de 1792, occupation pendant cinq ans et grosse indemnité de guerre. Talleyrand réussi à l'abaisser, mais il décide de démissionner avant d'avoir à signer. Louis XVIII le remplace par Richelieu.

Pour la première fois dans l'opposition.

Il avait été nommé, pour la seconde fois, Grand Chambellan de France en septembre, mais il n'est pas au pouvoir. Au printemps 1816 il se retire à Valençay, tout en faisant des aller-retours à Paris. Critiquant le gouvernement qui, pourtant, pratique en partie sa politique libérale, il entre de plus en plus en disgrâce aux yeux du Roi qui lui refuse des postes de pouvoir à trois reprises. Talleyrand perd espoir de revenir un jour au gouvernement.

Les ultraroyalistes prennent de plus en plus de poids et détestent Talleyrand, surtout depuis qu'ils ont connaissance de son rôle dans l'exécution du Duc d'Enghien. Talleyrand se range alors aux cotés des doctrinaires (dont son ami Pierre-Paul Royer-Collard) qui prônent une monarchie constitutionnelle et libérale.
Lors de discours à la Chambre des Pairs, il défend la liberté de la presse et se déclare contre l'expédition d'Espagne.
La mort de Louis XVIII, en septembre 1924, n'est pas favorable à son retour au pouvoir. Son successeur est son frère Charles X, chef du parti ultra.

Il poursuit son rôle d'opposant en soutenant un jeune journaliste, Adolphe Thiers à monter son journal d'orientation libérale et critique du gouvernement.
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Première abdication de Napoléon Ier.
Congrés de Vienne. Talleyrand est assis à droite.
Sacre de Charles X. Talleyrand est au premier plan, en chapeau à plumes.


Monarchie de juillet (1830 - 1834) 

Les Bourbons font place aux Orléans

En mai 1830, Charles X commet l'erreur de dissoudre la chambre des Députés, croyant que de nouvelles élections lui donneraient une majorité parlementaire. Mais à la surprise générale, c'est l'inverse qui se produit et les libéraux remportent à nouveau les élections législatives avec 53 sièges de plus qu'avant.

Le Roi décide alors d'un coup de force. Il s'appuie sur l'article 14 de la charte de 1814 pour refuser de changer son ministère. C'est l’ordonnance dite 'de juillet' ou 'de Saint-Cloud', du 25 juillet 1830.
En réaction, le peuple de Paris se soulève, c'est la seconde révolution, dite 'de juillet' ou les 'Trois Glorieuses' (27, 28 et 29 juillet).
Charles X fuit Paris. Les députés libéraux et monarchistes prennent en main la révolution en mettant rapidement en place un monarque constitutionnel.

Pour cela Talleyrand revient en première ligne, et, le 29 juillet, contacte Louis-Philippe, Duc d'Orléans, pour qu'il se rende immédiatement à Paris. Une fois dans la place, il est facile de le faire proclamer 'Roi des Français' par la Chambre des Députés majoritairement favorable. C'est la Monarchie de Juillet, qui durera 18 ans.

Ambassadeur à Londres.

Louis-Philippe propose à Talleyrand le ministère des Affaires Étrangères, mais celui-ci préfère le poste d'Ambassadeur Extraordinaire à Londres. Son rôle est de garantir la neutralité des anglais vis à vis du nouveau régime. Cette nomination contente les anglais et il est accueilli chaleureusement à Londres en septembre 1830.

Ce n'est pas un poste d'apparat et il s'oppose au ministre Molé pour défendre les intérêts britanniques et ainsi préserver l'équilibre. La révolution a éclaté en Belgique et Talleyrand conseille une non-intervention, puis la création d'un État fédéré et neutre. Il est entendu et le traité de création de la Belgique est signé le 15 novembre 1831 avec sa proposition de Léopold de Saxe-Cobourg comme souverain.

Il travaille au rapprochement de l'Angleterre et de la France, qui créera la base de 'l'entente cordiale'. Il est applaudi au Parlement Britannique et reçoit autant des hauts dignitaires anglais que Lamartine et Mérimée. En parallèle, le Roi le consulte fréquemment et lui propose même le poste de Premier Ministre, qu'il refuse.

C'est que par ailleurs sa côte est au plus bas. C'est en effet à ce moment-là que se déchaînent les critiques les plus vives des autres partis, qui ne voient en lui que 'le traite' et 'le diable boiteux'.

Après la signature du traité de Quadruple Alliance en avril 1834, visant à contrôler la situation alors instable de l'Espagne et du Portugal, il refuse de nouvelles propositions de poste et se retire à Valençay.

Il y occupe des mandats de maire de la commune, puis de Conseiller Général de l'Indre, jusqu'en 1836, tout en continuant à conseiller Louis-Philippe.

Ce dernier ira jusqu'à lui rendre visite à son agonie, ce qui est tout à fait contraire à l'étiquette.
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La Liberté guidant le Peuple, de Delacroix, honore les 'Trois glorieuses' de la révolution de Juillet
Charte Constitutionelle de Louis Philippe
Le roi Louis-Philippe


Doctrines et opinions 

Se détachant de toutes les accusions et controverses dont on l'afflige, il est une constante : il a été tout du long de sa carrière un défenseur de l'esprit des Lumières et du libéralisme dans une stratégie de réformiste -conservateur. Il pensait que le souffle de souveraineté du peuple de 1789 était utopique et croyait plutôt en la force du consensus et de la constitution pour aboutir à un intérêt mutuel. Son soucis a toujours été la paix entre les nations, que seul un équilibre européen pourrait garantir.

Le libéralisme à l'époque de Talleyrand.

Le mot n'a évidement pas tout à fait la même signification qu'aujourd'hui. Directement issu de la philosophie des Lumières. Il s'agissait alors de se libérer des carcans économiques et sociaux hérités de l'époque féodale qui figeaient la société. Égalité devant la loi, liberté de la presse, suppression des douanes, gratuité de l'Instruction Publique, seront ses chevaux de bataille au sein de la communauté libérale. Pourtant profondément royaliste et partisan d'une monarchie constitutionnelle, il était en parallèle opposé à toute exagération des prérogatives de ce monarque qui aboutirait à une injustice envers son peuple : '... sa postérité tant que le monarque qui règne reste dans les limites de sa compétence véritable ; mais si le monarque qui règne se fait ou tente de se faire plus que monarque, il perd tout droit à un titre que ses propres actes ont rendu ou rendraient mensonger. Telle est ma doctrine, je n'ai jamais eu besoin de la renier pour accepter, sous les divers gouvernements, les fonctions que j'ai remplies. '

Les finances et la paix.

Spécialiste des deux, est-ce parce qu'il considérait que l'un ne va pas sans l'autre ?

Initié aux finances dès ses débuts en tant qu'Agent Général du Clergé chargé d'administrer les biens de l'Église, il devient un adepte du libéralisme économique britannique, s'essaie à la spéculation sur les monnaies, et à la spéculation immobilière. Il plante le principe selon lequel un État doit toujours payer ses dettes, de façon à ce que les prêteurs soient certains d'une garantie : 'une nation, comme un particulier, n'a de crédit que lorsqu'on lui connaît la volonté et la faculté de payer'. Il met cette idée en pratique avec Isaac Panchaud et la création de la Caisse d'Escompte en 1776. Il en devient d'ailleurs actionnaire.

Pour lui la liberté de commerce ne peut s'exercer pleinement qu'en temps de paix. Sa vision de 'l'équilibre européen' n'est pas l'égalité des forces entre nations, décrété inaténiable, mais d'un mixte subtil de non-agression-protection et d'échanges industriels et commerciaux. Sa méthode de négociation en tant que diplomate repose sur le réalisme des situations et l'énoncé d'une logique déductive que l'on ne peut démonter.

Méfiant envers de grosses puissances territoriales telles que la Russie, il privilégie le principe de plusieurs petits états fédérés. Opposé aux guerres de conquête de Napoléon Ier, il leur préfère une guerre commerciale visant à rétablir un équilibre économique, notamment entre la France et le Royaume-Uni.




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